En Mongolie, le Renouveau Artistique Passe par la Nature.

Pendant presque trois générations – de 1924 à 1990, la Mongolie a été soviétique. Comme on le sait, régime communiste autoritaire rime rarement avec liberté d’expression et création artistique. Ainsi, en 1968, le gouvernement interdit une exposition de peinture présentée dans un musée d’Ulan Bator. Les artistes mongols se sont donc fait discrets pendant plus de soixante ans.

Mais depuis la proclamation de la nouvelle constitution mongole en 1992, plus libérale, un renouveau artistique est en cours. Les galeries d’art contemporain ou traditionnel se multiplient à Ulan Bator et organisent des vernissages où, tout en sirotant du lait de jument fermenté, on peut admirer les photographies conceptuelles de Badamkhand Sodnom ou les sculptures de Battogtokh T.

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Plusieurs créateurs commencent même à percer sur la scène internationale, comme Shagdarjavin Chimeddorj. Né en 1954, élevé dans la culture nomade et très respecté en Mongolie, il est reconnu pour ses tableaux de troupeaux de chevaux, très dynamiques. Sa dernière œuvre, I am a Bird, une sculpture de grues à tête de mitraillette, a été exposée à la dernière Biennale d’art contemporain de Venise.

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https://albaamicorum.com/collections/artist-shagdarjavin-chimeddorj

Cependant, ce n’est pas tellement pour sa peinture ou sa sculpture que la Mongolie est vraiment reconnue. Les artistes mongols contemporains se distinguent surtout sur le terrain du land art…

Land art ? Qu’est-ce donc ? C’est un courant né dans les années 1960 aux États-Unis, dont les représentants utilisent exclusivement des matériaux naturels pour créer. La plupart du temps, les œuvres sont réalisées en pleine nature et sont donc éphémères. Sculptures en branches lentement détruites par le vent, créations flottantes emportées par le courant : le land art est un hommage fugace à la beauté de notre terre.

Ainsi, si on n’assiste pas à la création, on ne peut souvent avoir accès aux œuvres de land art qu’en photo ou vidéo. Qu’il s’agisse d’installations monumentales, de simples plumes disposées sur le sol ou d’animaux peints de différentes couleurs, les œuvres de land art ne sont pas faites pour durer, mais pour célébrer une brève communion entre l’homme et son environnement.

Avec ses paysages magnifiques et sauvages et leur importance dans la culture locale, il était donc tout naturel que les artistes mongols se tournent vers ce type de techniques. Certains préfèrent les montagnes, d’autres les immenses steppes, d’autres encore puisent leur inspiration dans l’habitat traditionnel nomade ou les animaux domestiques ou sauvages… Les expressions sont diverses, mais ce qui unit tous ces artistes est une même recherche d’harmonie.

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http://www.transartists.org/air/land-art-mongolia

L’engouement est si fort en Mongolie qu’en 2006, un festival mondial du land art est créé à Bor-Öndör, dans le désert de Gobi. L’objectif : réunir des artistes mongols et internationaux qui explorent la relation de l’homme au paysage. Depuis, l’événement a lieu tous les deux ans et est organisé dans un endroit chaque fois différent – clin d’œil aux traditions nomades du pays !

La prochaine biennale aura lieu à l’été 2018 : une idée pour vos prochaines escapades ? Plus d’informations sur http://www.landartmongolia.com/

 

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